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  • : Blog pédagogique d'une prof-doc
  • : J'ai créé ce blog pour diffuser mes documents et réflexions personnelles sur ce que peut être un enseignement de la culture de l'information au collège. J'utilise particulièrement la méthode du "document de collecte" et les cartes mentales.
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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 13:45

Voilà cinq ans que je travaille avec les élèves sur la question des traces et de l’identité numérique. Et depuis cinq ans cette question me préoccupe même si je sens l’utilité civique et sociale de mes interventions. Je fais passer des informations, j’ai un rôle d’animatrice voir d’éducatrice. Mais en quoi mon rôle se distingue-t-il de celui des intervenants des sociétés privées dans les établissements scolaires ?

Ai-je vraiment un rôle d’enseignante ? Oui sans doute mais dans ce cas : qu’est-ce que j’enseigne ?

Pour les professeurs des autres disciplines, anciennes et instituées, c’est une question qui ne se pose pas. Mais  pour nous, prof-docs, en charge d’une discipline en construction, elle s’impose.

Alors que j’étais en plein dans la construction de mon projet Identité Numérique de l’année avec les 3èmes (co-construction avec mon collègue de Technologie), que je gardais dans un coin de la tête ma question toujours présente, j’ai lu hier soir l’article publié par André Tricot dans le dernier numéro de Mediadoc.

Et tout s’est éclairé.

Dans cet article, extrêmement riche et instructif, un passage en particulier est venu répondre à mon interrogation du moment. André Tricot explique que l’acte d’enseignement est basé sur des tâches à réaliser. La réalisation de ces tâches amène l’élève à mettre en place des processus d’apprentissage qui permettent l’acquisition de connaissances.
On distingue six types de connaissances classées en deux groupes : les savoirs (connaissances déclaratives) et ce que j’appelle des savoir-faire mais le terme est impropre (connaissances procédurales).
Jusque là, rien de très complexe.

Dans chaque groupe on note une gradation du spécifique au général :

Connaissances déclaratives :
1er degré : savoir mémorisé par cœur
2ème degré : compréhension
3ème degré : concept

Connaissances procédurales :
1er degré : automatisme
2ème degré : savoir-faire (une tâche précise)
3ème degré : méthode transférable à une situation nouvelle

Si « j’intuite » bien le propos, pour réussir un enseignement, il est utile d’être au clair sur les connaissances que l’on veut que les élèves acquièrent et surtout de faire en sorte :
-    de viser des connaissances de natures différentes
-    de faire attention à l’articulation entre ces connaissances


Ayant compris cela (je crois) j’ai eu envie de le tester sur mon activité « Identité numérique ».
Dans ce projet réalisé en cours de Technologie, les élèves de 3ème vont (tâches) :
1.    Réaliser un questionnaire d’enquête sur les pratiques numériques, le soumettre à tous les élèves du collège, le dépouiller et en communiquer les résultats
2.    Etudier le site de la CNIL
3.    Faire des recherches sur une personnalité (Yannick Noah) et comprendre comment on peut se créer une bonne identité numérique (site officiel, Wikipedia, presse…)
4.    Assister à l’intervention d’un gendarme concernant l’utilisation des réseaux sociaux
5.    Créer un diaporama présentant la notion d’Identité numérique et comment la maîtriser


En termes de connaissances, si je reprends l’organisation donnée par André Tricot, voilà où nous en sommes :


Connaissances visées concernant le projet Identité Numérique en 3ème :


Connaissances déclaratives :
1er degré : mémorisation par cœur : définition d’identité numérique à connaître
2ème degré : compréhension : comprendre la définition d’identité numérique, le rôle de la CNIL, que l’intention de publication influe sur l’information publiée, le fonctionnement  de Wikipedia
3ème degré : concept : Identité, information, publication, source, auteur


Connaissances procédurales :
1er degré : automatisme : utiliser un pseudonyme lors d’une publication en ligne (là je ne suis pas sûre de moi, est-ce un automatisme ?)
2ème degré : savoir-faire (une tâche précise) : savoir paramétrer son compte Facebook, surveiller ses traces, se construire une identité numérique positive, retrouver les informations dans un site (utilisation du menu et des hypertextes)
3ème degré : méthode transférable à une situation nouvelle : savoir identifier la source d’une information (auteur, éditeur), percevoir l’intention de publication et utiliser ces éléments pour évaluer la qualité d’une information

Voilà, j’y suis arrivée ! (Même si il y a sans doute des erreurs… Et j’accepte toute critique me permettant de les pointer)

N’empêche, grâce à l’article d’André Tricot, je sais aujourd’hui que j’enseigne quand je travaille sur l’Identité numérique. Alors, très sincèrement, merci !

Son site perso : http://andre.tricot.pagesperso-orange.fr/

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Published by Documentaliste - dans Identité Numérique
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commentaires

Nico57130 15/04/2012 19:51

Je suis à priori plutôt d'accord sur le raisonnement de l'article. Cependant, là où vous posez la question de savoir si l'usage d'un pseudonyme doit être un automatique, j'aurais tendance à
répondre non. On doit avoir conscience de la possibilité d'utiliser le pseudonyme sans pour autant rendre son usage automatique. Là où par exemple le pseudonyme est quasiment automatique, c'est sur
un réseau social plutôt ouvert tel que Twitter. A contrario (ne serait-ce que par leurs règles qui imposent en théorie de mettre son vrai nom), l'usage du pseudonyme sur un réseau à tendance plutôt
fermé tel que Facebook n'est pas nécessairement à conseiller mieux vaut selon moi leur apprendre à considérer un peu plus réalistement la notion "d'amis". Par contre, j'aurai placé de façon plus
naturelle le fait de paramétrer son compte Facebook (et autres) dans les automatismes à acquérir. La tâche est certes précise, mais elle est vraiment la base technique de toute maitrise
d'information sans laquelle les savoirs faires et méthodes transférables à d'autres situations seront vains.

Pseudo 07/03/2012 10:33

Bonjour,

J'ai lu attentivement votre article pour m'être posée la question moi-même. Quand on navigue sur internet, on s'aperçoit (et surtout sur les outils de type Facebook) que l'identité des personnes
devient de plus en plus tronquée, "avatarisée", ce qui n'est pas sans conséquences sur la nature des échanges, le niveau de sincérité de ce que l'on peut vivre, partager sur internet.

Quand j'ai lu votre article, je suis surprise d'apprendre qu'en troisième, à l'âge où la personnalité se forme, on oriente de façon "officielle" la tenue que l'on "doit" avoir sur internet, si je
comprends bien l'attribut "positif" que vous avez utilisé..

En gros, on ne permets plus, "officiellement", que les personnalités s'épanouissent, précisément en dehors du cadre formel de l'école, la famille..

Je trouve cela très dommageable. Je crois en la possibilité de soupape d'évacuation que peut apporter Internet..

Documentaliste 07/03/2012 13:40



Bonjour, j'ai un peu de mal à comprendre votre propos. Pourriez-vous le préciser ?


Quand je travaille sur la construction d'une identité numérique positive, j'étudie celle d'une personnalité publique. En aucun cas je ne demande aux élèves de travailler sur leur propre identité
numérique en classe. Il s'agit plus d'une Education aux médias soutenue par la question "Qui fait l'information ?"


Votre vision critique m'intéresse mais je la comprends mal. Je serai ravie de pouvoir mieux la prendre en compte.



Gildas Dimier 18/01/2012 18:02

Tu entres dans ton enseignement par les connaissances, j'adhère :-)
En revanche il te manque les connaissances conditionnelles qui vont solutionner ton questionnement sur le pseudonyme. Dans la mesure où l'on ne met pas systématiquement un pseudonyme il ne peut
s'agir d'un automatisme. Pour aller vite disons que selon les situations les conditions varient.
Ceci étant, en fonction des objectifs que tu te donnes lors d'un cours, les connaissances peuvent changer de statut. De connaissance conditionnelle avec des 3è en collège (ta séquence), le
pseudonyme peut devenir une connaissance déclarative si tu te donnes pour objectifs d'évoquer, en lycée (mon cas) les pionniers du Web pour qui l'utilisation d'un pseudo était revendiquée comme une
émancipation du monde réel. Je ne mets pas de hiérarchie de valeur dans mon propos mais insiste plutôt sur la nécessaire progression des apprentissages info-documentaires
Pour terminer, au sujet des degrés d'appropriation et à toutes fins utiles, je te renvoie à la taxonomie de Bloom que tu connais peut être.

Documentaliste 21/01/2012 11:06



Merci Gildas pour ton commentaire. Plus encore que par les connaissances, j'ai envie désormais d'entrer par les processus d'apprentissage. Il me semble que j'ai besoin de creuser cette piste, de
comprendre :


- ce qu'on fait lors d'une recherche d'information


- comment on apprend lors d'une recherche d'information


pour ensuite voir la progression à mettre en place.


Je pense que je vais essayer de "lire" mes différentes séquences avec la grille de lecture proposée par André Tricot pour voir ce qui se répéte tout le temps et qui donc est essentiel et ce qui
revient parfois qui est peut-être secondaire. A partir de là je pourrais sans doute rééquilibrer le tout.


C'est une démarche particulière parce que je fais d'abord les choses à l'intuition (et aussi en fonction des demandes des collègues) et ensuite je les analyse...